lundi 10 juin 2013

Gracieuses, mélancoliques et ciboulettes


Ce matin dans Deschênes (Gatineau, secteur Aylmer), les ciboulettes sont en fleurs.



Dans les champs: 3 Gracieuses (Libellula pulchella) immatures; 2 Mélancoliques (Libellula luctuosa) immatures; 1 Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta) immature; 3 Érythèmes des étangs (Erythemis simplicicollis) immatures; 1 Macromie brune (Didymops transversa) mâle. Près d'un petit ruisseau: 1 Caloptéryx bistrée (Calopteryx maculatafemelle.


La Gracieuse (Libellula pulchella), mâle immature. Le premier que je vois cette année.

...Ce à quoi ressemblera la Gracieuse dans quelques jours:  mâle mature photographié le 28 juillet 2012, probablement ici vers la fin de sa courte vie.

La Mélancolique (Libellula luctuosa), mâle immature. Le premier que je vois cette année. La pruine blanche commence tout juste à apparaître sur les ailes.
...Ce à quoi ressemblera la Mélancolique dans quelques jours: mâle mature photographié le  13 août 2012.


Macromie brune (Didymops transversa) mâle.


Érythème des étangs (Erythemis simplicicollis). La première que je vois cette année. Je pensais au départ que c'était une femelle, mais il s'agit d'un mâle immature. Il virera au bleu d'ici quelques jours. Il s'agit d'une espèce susceptible d'être désignée vulnérable au Québec. Elle semble bien établie dans Gatineau.


Je n'ai pas de photo de la magnifique Caloptéryx bistrée. Je me promet de revenir à ce petit ruisseau de Deschênes. J'ai l'impression qu'il me réserve de belles surprises.

mercredi 5 juin 2013

En vol dans Forêt Boucher

Je me suis promenée aux 4 coins de la Forêt Boucher les 2, 3 et 4 juin, seule et en compagnie de Nathalie Bussières. Le temps était ensoleillé, mais frais: 8-10°C le matin, maximum 20°C l'après-midi, avec un bon vent. Il y avait un bon nombre de libellules en vol dans les clairières, à la lisière des arbres. C'était peut-être de jeunes adultes qui prenaient un peu d'expérience avant de retourner vers les milieux humides pour se reproduire. Il y avait sans doute aussi des adultes pleinement matures qui venaient chasser ici à l'abri du vent. J'ai identifié (par ordre d'abondance en commençant par le plus abondant): 

La lydienne (Plathemis lydia), plus de 50 adultes immatures, mâles et femelles; la quadrimaculée (Libellula quadrimaculata), plus de 20 adultes; la Cordulie écorcée (Dorocordulia libera), plus de 20 adultes en majorité des femelles; l'Anax précoce (Anax junius), plus de 10 mâles matures; la Macromie brune (Didymops transversa), plus de 5 adultes, l'Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura), plus de 2 adultes mâles et femelles, La Leucorrhine frigide (Leucorrhinia frigida), 1 femelle et 1 mâle; l'Épithèque canine (Epitheca canis), 1 mâle; la Leucorrhine maculée (Leucorrhinia intacta), 1 femelle immature; le Gomphe exilé (Gomphus exilis), 1 femelle; la julienne (Ladona julia), 1 femelle immature; l'Agrion résolu (Coenagrion resolutum) 1 mâle; l'Aeschne pygmée (Gomphaeshna furcillata), 1 femelle.

La quadrimaculée (Libellula quadrimaculata)

Macromie brune (Didymops transversa)

Cordulie écorcée (Dorocordulia libera)

Anax précoce (Anax junius). Ce mâle est un migrateur qui nous est arrivé du sud en même temps que les oiseaux. D'habitude, l'Anax vole rapidement et ne se pose pas souvent. Ce jour-là, vers 17h, les anax volaient avec moins d'assurance que de coutume et se posaient souvent et longtemps au niveau du sol. De plus, la couleur de l'abdomen de celui-là semble virer au violet. Tous ces indices semblent indiquer que les anax ont froid.
Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta), femelle immature.



Leucorrhine frigide (Leucorrhinia frigida), femelle
Aeschne pygmée (Gomphaeschna furcillata) femelle. Cette libellule est très rarement vue par ici.  Elle figure sur la liste des 30 insectes qui sont susceptible d'être désignés menacés au Québec. Elle est associée aux forêts inondées; Nathalie et moi l'avons trouvée dans une petite clairière à proximité d'une grande forêt inondée (photo suivante).
S'agit-il de l'habitat de l'Aeschne pygmée que nous avons trouvée dans la clairière à proximité? Impossible d'en être certains puisque nous n'avons pas vu de larve, ni d'exuvie, ni aucune libellule en vol ici.  Seulement des milliards de maringouins.

Ce blitz d'observations dans la Forêt Boucher a été très fructueux. À suivre...


Nathalie en train d'étudier les leucorrhines




samedi 1 juin 2013

Marais Lamoureux

Vu en vol dans le marais entre 15h30 et 16h30, par une journée très chaude et humide: 1 Épithèque canine (Epitheca canis) mâle mature; 3 Anax (Anax junius) mâles; 3 Leucorrhines mouchetées (Leucorrhinia intacta) mâles matures; 1 Lydienne (Plathemis lydia) mâle mature; au moins 30 Agrions verticaux (Ischnura verticalis) mâles et femelles, matures et immatures, 1 couple en copulation, au moins 10 femelles en ponte.


Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta) mâle, avec son point jaune.  Peut-être le même individu que j'ai rencontré ici le 17 mai alors qu'il venait d'émerger?


L'Anax (Anax junius) semble toujours pressé.  J'ai vu au moins 3 mâles qui circulaient sur tout le marais, gobant au passage  divers moucherons, tentant des attaques sur les Leucorrhines et les Épithèques.


Un nouveau venu cette année: la lydienne (Plathemis lydia). Un mâle sur une bûche, dans une pose classique pour l'espèce.


Les Agrions verticaux (Ischnura verticalis) commencent à s'accoupler et à pondre. En même temps, il y a encore des individus immatures dans les herbes. 

Le temps où les Épithèques régnaient en seigneurs sur le marais semble tirer à sa fin...du moins par ici.

De nouveaux acteurs arrivent de jour en jour.

mercredi 29 mai 2013

Émerger dans une carrière

Je faisais une balade dans une carrière de sable, dans le parc industriel d'Aylmer Nord. Je suis tombée sur le fabuleux spectacle d'un Gomphe exilé (Gomphus exilis) en émergence.


16h16

16h21

16h22

16h24

16h25


16h28

16h34

16h37

16h38

16h47

16h51

16h53

16h53

16h54

16h55: Décollage réussi!



Le Gomphe exilé est très commun au Québec, ce qui n'enlève rien à la beauté du spectacle auquel j'ai assisté.

J'ai également vu 6 exuvies d'Épithèques (Epitheca spinigera ou E. cynosura; les exuvies de ces 2 espèces sont difficiles à différencier. Je les ai gardées pour faire une identification plus précise ultérieurement).


Sur des herbes...

...sur un tronc flottant...ce pourrait aussi être sur des rochers, des troncs d'arbres, des nénuphars, ou même sur le sable  (comme le Gomphe exilé). On peut trouver des exuvies partout, il s'agit de regarder de près. 

Note à ceux qui trouvent des libellules en émergence: 
Il est très important de ne pas toucher! Les libellules ne réussissent pas à compléter leur mue et elles meurent si leurs pattes ne sont plus fermement ancrées au substrat.

Note à ceux qui trouvent des exuvies
Vous pouvez les ramasser sans problème. Ce ne sont que des "coquilles vides". Elles se conservent indéfiniment dans des pots, soit à l'état sec (elle sont alors très fragiles), soit immergées dans de l'alcool à friction (isopropanol 70%). La conservation dans l'alcool est meilleure si vous voulez manipuler l'exuvie, car elle sera alors souple et beaucoup moins fragile. Les experts peuvent identifier une libellule à l'espèce grâce à son exuvie. Si vous souhaitez que l'on identifie une exuvie pour vous, je vous invite à me contacter. Il est important que vous preniez en note la date et le lieu de votre trouvaille. Les exuvies sont très importantes dans un projet d'inventaire parce qu'elles nous indiquent quels sont les habitats et micro-habitats que les libellules utilisent pour se reproduire. La quantité d'exuvies est aussi un bon indicateur de la quantité de libellules à un endroit. 


mardi 28 mai 2013

Après-midi dans Deschênes

Une visite dans Deschênes entre 14h-16h. Temps couvert, 22°C, venteux au bord de la rivière. Cette fois-ci, pas de filet troubleau; j'ai seulement cherché les libellules en vol.

Au Marais Lamoureux: au moins 20 épithèques canines (Epitheca canis), mâles en patrouille au dessus de l'eau et 1 Anax (Anax junius), mâle de passage qui s'est fait promptement expulser par les épithèques.

Dans les clairières autour du marais: 1 épithèque (Epitheca sp.) femelle ténérale; au moins 18 Agrions verticaux (Ischnura verticalis)- 6 mâles, 2 femelles matures et 8 femelles immatures; 2 Agrions posés (Ischnura posita) mâles; 1 Épithèque princière (Epitheca princeps) en vol rapide vers le haut des arbres.

Au bord de la rivière des Outaouais: rien en vol. Pas encore d'exuvie sur les roches.

Dans la forêt inondée: rien en vol. Pas d'exuvie visible sur les troncs.



L'Épithèque canine (Epitheca canis), as du vol.


Un après-midi tranquille au marais. Les larves de libellules sont un élément important dans l'alimentation des canards et échassiers, sans compter les poissons.  Les libellules en émergence ou fraîchement émergées sont un festin pour les grenouilles, carouges à épaulettes et autres oiseaux des rivages.




Agrion vertical (Ischnura verticalis) femelle immature


Agrion posé (Ischnura posita) mâle.
Les points d'exclamation de l'Agrion posé (Ischnura posita).




vendredi 24 mai 2013

Lac des Fées

La nuit dernière est tombée une pluie torrentielle. Ce matin le temps était chaud et humide, comme dans une serre. J'ai fait une petite visite au Lac des Fées, la première de la saison. Je reparlerai plus tard de ce site.

Dans le champ en bordure de la route (Promenade du Lac des Fées), j'ai vu plus de 10 Agrions verticaux (Ischnura verticalis) mâles et 2 femelles immatures.



Agrion vertical (Ischnura verticalis) femelle immature

L'eau était très haute et trouble à cause de la forte pluie. J'ai trouvé très peu d'invertébrés aquatiques. Les seules larves d'odonates que j'ai trouvées étaient près de la rive du lac, bien enfoncées dans la boue. 1 larve de Leucorrhine (Leucorrhinia sp.) immature, 2 larves de Libellule quadrimaculée (Libellula quadrimaculata(1 mature, 1 immature), 1 larve d'Épithèque princière (Epitheca princepsmature.

L'exutoire du Lac des Fées


Le Lac des Fées



Les seuls qui semblent profiter du temps humide et des herbes mouillées...




mercredi 22 mai 2013

Histoire de ruisseau

Le 22 mai, Josée Soucie et moi avons exploré un ruisseau du secteur Aylmer. Ce petit cours d'eau est permanent. Il traverse un milieu urbain, puis un golf, puis un parc boisé de la Commission de la capitale nationale (ccn), avant de se jeter dans la Rivière-des-Outaouais (45°23'26.92"N, 75°47'19.45"O).

L'embouchure du ruisseau (A) est sous l'eau. Nous avons remonté le ruisseau à partir du marais herbeux (B) jusqu'à la route (boulevard Lucerne).

C'est un très beau ruisseau. La végétation est luxuriante. Josée a vu un cerf. Il y avait d'ailleurs beaucoup de traces. J'ai vu un rat musqué. Plusieurs oiseaux à la pêche dans le ruisseau. Nous avons compris quand nous avons vu la quantité de petits poissons dans l'eau (identification à venir).

L'embouchure du ruisseau. La rivière-des-Outaouais au fond, la ville d'Ottawa de l'autre côté.

Dans la rivière-des-Outaouais, je n'ai trouvé aucun Odonate, aucun invertébré, aucun poisson. Le niveau d'eau est encore très haut. Il vente beaucoup et il y a de la vague. Nous sommes en aval des Rapides Deschênes, ce qui contribue peut-être aussi à la grande agitation de l'eau.

Près de l'embouchure, en regardant vers l'amont du ruisseau. Un grand marais herbeux.

En remontant dans le marais herbeux. Le ruisseau compte de nombreux micro-habitats (sous la végétation des berges, sous les pierres, dans le gravier, dans la vase)

À l'approche du boisé, la végétation est de plus en plus luxuriante.





Dans tout le marais herbeux, nous n'avons vu aucun odonate (ni en vol, ce qui n'était pas surprenant vu le temps frais et  gris, ni dans l'eau). Ce qui m'a frappé, c'est qu'il n'y avait pas beaucoup d'invertébrés ici. Les seuls qui y étaient omniprésents étaient les Gammares et un Gastéropode sans opercule. Deux groupes d'invertébrés considérés comme tolérants à la pollution. Il y avait également beaucoup de petits poissons, une vraie pouponnière.

En entrant dans la zone plus boisée, dans un petit élargissement du ruisseau, j'ai trouvé les 4 seuls odonates de notre périple: 2 larves d'Aeschne des pénombres (Aeschna umbrosa) (1 mature, 1 presque mature); 1 larve d'Agrion vertical (Ischnura verticalis), 1 larve d'Agrion (Enallagma ebrium ou E. hageni).  


Les 4 odonates étaient sous la végétation, en bas à droite de la photo.

Le ruisseau serpente à travers le boisé ouvert. Nous n'avons pas trouvé d'autres odonates. Il y avait aussi très peu d'invertébrés en général. 1 énorme larve de Tipulidé, 2 larves de Trichoptères (avec cases).






Pourquoi y avait-il si peu d'invertébrés ici, autant en quantité qu'en diversité? Il se peut que ça ait à voir avec la saison. Il s'agit certainement  d'un ruisseau dont le niveau varie beaucoup en fonction des saisons et des pluies.

Il se peut aussi que cette pauvreté soit due, au moins en partie, à la pollution. Un ruisseau qui serpente à travers la ville doit nécessairement ramasser toutes sortes de contaminants. De plus, juste avant d'entrer dans la zone boisée, ce ruisseau traverse un golf. J'ai vu une vingtaine de balles de golf dans l'eau du ruisseau. Si les balles se rendent ici, il doit en être de même pour les fertilisants et pesticides...

Devant une telle hypothèse, je ne peux pas m'empêcher de faire quelques réflexions écologiques: Si l'eau est polluée, il est certains que les poissons le sont, et qu'ils contaminent à leur tour les plus hauts maillons de la chaîne alimentaires, entre autres les oiseaux et les tortues. Les herbes par contre semblent profiter de la situation et c'est tant mieux: elles jouent sans doute un rôle très important de filtration et de décontamination de l'eau avant que celle-ci n'arrive dans la Rivière-des-Outaouais.

L'histoire de ce ruisseau, c'est sans doute aussi l'histoire de beaucoup, beaucoup d'autres ruisseaux de Gatineau...

Grande aigrette à l'embouchure du ruisseau

Référence:

Moisan, J. 2010. Guide d'identification des principaux macroinvertébrés benthiques d'eau douce du Québec, 2010-surveillance volontaire des cours d'eau peu profonds. Direction du suivi de l'état de l'environnement, ministère du Développement durable, de l'environnement et des parcs, 82 p.