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mardi 24 juin 2014

Au lac Leamy

Dans le temps des draveurs, un chenal a été creusé entre le lac Leamy et la rivière Gatineau. C'était commode pour trier et préparer le bois avant de le flotter jusqu'à la rivière des Outaouais.


Sur l'empiètement rocheux, on trouvait hier:

Gomphe fraternel (Gomphus fraternus)

D'innombrables argies en émergence (très probablement Argia moesta)

Gomphe épineux (Dromogomphus spinosus) en émergence. Cette année encore, il sort au même endroit et en même temps que les argies. Ça ne doit pas être un hasard.


Aujourd'hui, on ne voit plus de "raftsmens" au lac Leamy. Le lac demeure toutefois très modifié par les activités récréatives de toutes sortes. C'est aussi un site pour de grands rassemblements sportifs. Je n'ai pas vu une grande diversité d'odonates ici.  J'ai vu surtout 2 espèces le long des berges ouest :


Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura)

Agrion arc-en-ciel (Enallgma antennatum). Un petit bijou que je n'ai pas vu dans beaucoup d'endroits à Gatineau. Il y a ici une grande population.


La décharge du lac Leamy est, elle aussi, profondément altérée par les activités humaines. Plusieurs autoroutes et boulevards l'enjambent.


Il y avait ici une émergence massive de Lestes élancés (Lestes rectangularis). C'est aussi un paradis pour les Libellulidées de toutes sortes.

La mélancolique (Libellula luctuosa). Celle-ci a raté son émergence.

La julienne (Ladona julia). Ce petit pépère est venu passer un moment sur mon filet.

L'aspect de la décharge du lac Leamy s'améliore à mesure qu'on s'approche de la rivière des Outaouais. Je n'y suis pas encore allée cette année, mais mes acolytes Raymond Hutchinson et Benoit Ménard me signalent y avoir vu des exuvies de Gomphes fourchus (Arigomphus furcifer) en fin de semaine.

vendredi 20 juin 2014

Nouveautés de la semaine dans la rivière des Outaouais

Gomphe cobra (Gomphus vastus)

Une espèce spectaculaire, présente le long de la rivière des Outaouais à plusieurs endroits dans Gatineau. Une spécialité locale.
Mâle ténéral (quelques minutes post-émergence).  Sa "spatule" est ridiculement large.
Femelle ténérale (quelques minutes post-émergence)
Femelle encore immature, mais déjà plus colorée


Épithèque de Provencher (Neurocordulia yamaskanensis)


Une autre spécialité du coin. On est au tout début de sa période d'émergence dans la rivière des Outaouais.  J'ai trouvé celui-là en amont du pont Champlain, près d'une zone de rapides modérés. Il était très endommagé. Son processus d'émergence semble avoir totalement déraillé, j'ignore ce qui a pu se passer.

L'épithèque de Provencher est une espèce crépusculaire. C'était la première fois que je voyais un adulte. Cependant, d'après le grand nombre d'exuvies que l'on trouve, il doit y avoir une (ou des) population(s) importante(s) à Gatineau.








lundi 16 juin 2014

Gomphes fraternels en marche

Dimanche matin dans Deschênes. Accès à la rivière des Outaouais par le débarcadère à bateaux de la rue Lamoureux.

Les Gomphes fraternels (Gomphus fraternus) sortent de l'eau. Un grand nombre en même temps.




Ils fonçent le plus vite possible vers un support d'émergence. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser au débarquement de Normandie.


Sur un muret, un tronc d'arbre, derrière une pierre...

…ou parmi les bouteilles cassées. N'importe quelle planque fait l'affaire.

Celles-ci ont réussit leur coup:





Je suis retournée en après-midi. J'ai n'ai trouvé que celle-là qui faisait de vaines tentatives pour s'envoler. Est-ce un promeneur qui l'a bousculée par mégarde alors qu'elle émergeait? Ou une simple bourrasque? Un petit rien aura suffit a faire échouer son émergence.



Que de miracles et de drames ont eut lieu ici aujourd'hui. L'entomologie rend philosophe.

samedi 14 juin 2014

Lac des Fées

C'est le déluge à Gatineau depuis quelques jours. Les plantes ont profité, les libellules n'ont pas dû beaucoup aimer...

Les libellules qui étaient en émergence au Lac des Fées le 7 juin:

Leste inégal (Lestes inaequalis)
Gomphe cornu (Arigomphus cornutus)
Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura)
Épithèque princière (Epitheca princeps)
Gracieuse (Libellula pulchella)

En reproduction, 3 espèces étaient particulièrement visibles au lac:
Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta)
Julienne (Ladona julia)
Quadrimaculée (Libellula quadrimaculata)

Ce qui m'a frappée, c'est la présence de grosses masses flottantes sur le lac. Quelque chose comme des proliférations d'algues filamenteuses. Sans y connaître grand chose, je pense que c'est signe de pollution. En tous cas, certaines espèces de libellules les utilisent:

Ce gomphe cornu (Arigomphus cornutus) a émergé sur la masse flottante 

Les leucorrhines mouchetées (Leucorrhinnia intacta) se perchent sur les masses flottantes en grand nombre. Ils les utilisent comme si c'était des nénuphars.




En remontant le ruisseau des Fées:

Caloptéryx bistré (Calopteryx maculata)- ténéral
Aeschne printanière (Basiaeshna janata)
Cordulégastre maculé (Cordulegaster maculata)
Cordulie écorcée (Dorocordulia libera)
Gomphe descriptif (Gomphus descriptus)





Cordulegastre maculé (Cordulegaster maculata). Les mâles voyagent le long du ruisseau à moins d'un mètre de la surface de l'eau. Si on les rate à l'aller, on n'a qu'à les attendre pour le retour…leur parcours est très prévisible.



Gomphe descriptif (Gomphus descriptus). J'ai vu 2 mâles qui tapotait la surface de l'eau avec le bout de leur abdomen. Il paraîtrait qu'ils vérifient les conditions avant que des femelles viennent y pondre.


lundi 9 juin 2014

Dans la rivière des Outaouais

Quelques libellules commencent à émerger de la rivière des Outaouais, maintenant plus ou moins revenue dans son lit.

À l'ouest (lac Deschênes):


J'ai trouvé 2 exuvies renversées sur le sol, avec un bout d'abdomen de libellule toujours coincé dedans. Je déduis qu'elles se sont fait bouffer en début d'émergence. J'ai remarqué qu'un quiscale me suivait en scrutant attentivement le sol...




Les quelques autres exuvies que j'ai trouvées étaient toutes sur des troncs d'arbres à environ 2-5 m du rivage.

J'ai vu une larve en train de sécher sur un tronc. Je suis revenue la voir au bout de 15 minutes et elle n'avait pas du tout bougé. Je déduis que l'émergence est un processus assez long pour cette espèce. La stratégie du camouflage en forêt semble payante.


Et voici un adulte, dans la clairière tout près. On ne reconnait que les pattes!

La Macromie brune (Didymops transversa)- mâle immature déposé sur mon doigt

À l'est (Accès à la rivière via le marais des Laîches-Est):


J'ai cueilli ici 12 exuvies, toutes identiques, sur à peine une dizaine de mètre de longueur de berge. Elles étaient toutes entre les pierres à environ 30-50 cm de la ligne d'eau.

Dans un cas, il y avait une petite paire d'ailes à côté de l'exuvie. Signe de prédation.


Dans les champs d'à côté, j'ai vu quelques gros gomphes. Je n'ai pas réussi à en capturer un seul, et la seule photo que j'ai pu prendre est celle-ci:

Gomphe fraternel (Gomphus fraternus)

La photo est mauvaise, mais j'ai pu confirmer l'identification à l'aide des exuvies.

vendredi 30 mai 2014

Raymond et les gomphes pointus

Hier, au lac Beauchamp.

Raymond Hutchinson est un mentor généreux. Il a pris le temps de nous montrer un coin de la ville qu'il connait bien pour l'avoir visité régulièrement depuis quelques décennies.



Le ciel était gris et le temps frais. On a vu une émergence, quelques exuvies et plusieurs jeunes adultes de Gomphe pointu (Gomphus spicatus). C'était l'espèce du jour. Raymond nous dit qu'il s'agit d'une grande population très stable; une valeur sûre pour ce site.


2 d'un coup!
Nous avons aussi vu:
l'anax (Anax junius)
la quadrimaculée (Libellula quadrimaculata)
la leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta)
la déesse paisible (Nehalennia irene)
l'agrion vertical (Ischnura verticalis)

Très tranquille.



mardi 27 mai 2014

Ruisseau des Fées

Le ruisseau des fées est l'un des grands ruisseaux de la ville de Gatineau. Il prend sa source dans les montagnes du bouclier canadien, serpente à travers les basses terres des secteurs Aylmer et Hull, puis se déverse dans la rivière des Outaouais. Je l'ai choisi comme ruisseau urbain-type pour la ville de Gatineau.

Ce billet rend compte de sorties exploratoires que j'ai faites dans le ruisseau au cours du printemps.

Le ruisseau des Fées (en bleu) est alimenté par de l'eau qui vient du Parc de la Gatineau (quelques ruisselets entre les points 1 et 3). 1: Golf; 2: zone rurale (agriculture de faible intensité); 3: zone industrielle (secteur Aylmer); 4: zone résidentielle (quartier du Plateau, secteur Hull); 5: lac des Fées (Parc de la Gatineau, partie sud). 

Je me suis concentrée sur les zones 3, 4 et 5 du ruisseau, qui font partie du périmètre d'urbanisation défini par la ville de Gatineau.

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Partie 3: zone industrielle

Visitée le 25 avril 2014.

J'ai accédé au ruisseau via la rue Vernon. Le ruisseau est sinueux. Son fond est meuble. Le sédiment a une couleur grise et une texture fine (entre de l'argile et du sable). La végétation est ouverte sur un long tronçon. Des herbes traînent dans l'eau de chaque côté du ruisseau, procurant des abris potentiels pour des larves d'odonates.



On est ici derrière un centre de tri de déchets. Le ruisseau et sa vallée sont considérés comme un bassin de rétention de la ville de Gatineau.


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Partie 4: zone résidentielle

Visitée le 13 mai 2014.

J'ai accédé au ruisseau par le Parc du Plateau. Le ruisseau est sinueux. Son fond est meuble. Le sédiment a une couleur grise et une texture fine à très fine; certaines portions ressemblent à de l'argile pure. Les berges sont instables. On voit des signes d'érosion. Le ruisseau est principalement recouvert d'arbustes (surtout du nerprun). Des racines d'arbres traînant dans l'eau pourraient constituer des abris pour des larves d'odonates.





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Partie 5: Tout près du lac des Fées (parc de la Gatineau)

Visitée à quelques reprises en 2013 et, cette année, le 26 mai 2014.

Le ruisseau a le même profil qu'en amont, mais il est environné d'une végétation beaucoup plus riche. On est ici dans le Parc de la Gatineau et ça se sent, même si les traces d'urbanisation sont bien présentes (plantes envahissantes, dont les omniprésents nerpruns, et quantité de déchets).

On est ici dans le ruisseau tout juste avant qu'il se déverse dans le lac des Fées. Dans les fosses, on a de l'eau en dessous des bras:



Dans les coudes on trouve des petites plages…



…et sur une petite plage, Nathalie Bussières (a.k.a. "Oeil-de-Faucon") a vu ceci! Un Gomphe descriptif (Gomphus descriptus) en émergence. 


Une fois la libellule envolée, son exuvie devient pratiquement invisible:



Un autre Gomphe descriptif (Gomphus descriptus). Celui là avait raté son envol et s'était retrouvé dans le ruisseau. Nous l'avons rescapé.

La saison des Gomphidés a démarré!

Il y avait aussi des Aeschnes printanières (Basiaeshna janata), un Anax précoce (Anax junius), 1 exuvie d'Épithèque canine (Epitheca canis). Très modeste.