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lundi 25 mai 2015

Épithèques: la 3ème vague

Par chez nous, 3 espèces d'épithèques se ressemblent beaucoup et partagent le même genre de milieu, soit typiquement les étangs de castors. Les 3 espèces émergent successivement et toujours dans le même ordre:

#1 Épithèque canine (Epitheca canis)
#2 Épithèque épineuse (Epitheca spinigera)
#3 Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura)

Évidemment, il y a toujours des émergences précoces et des émergences tardives, ce qui fait qu'il peut y avoir un petit chevauchement dans les périodes d'émergence. On observe néanmoins très clairement les 3 grosses vagues. Frédéric Bédard a observé hier une première épithèque à queue de beagle: on est déjà dans la 3ème vague!


Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura), 24 mai au domaine de la ferme Moore
(capture et photo de Frédéric Bédard)

Mes statistiques d'observation des dernières années montrent qu'on est un peu en avance cette année. Il y a peut-être un petit biais d'observation- parce qu'après tout on ne passe pas tout notre temps dans les étangs de castor- quoique. Je penserais que les variations inter-annuelles dépendent surtout de l'accumulation de chaleur et des conditions climatiques favorables ou pas aux émergences.

Première observation en vol dans Gatineau:
Espèce201320142015
Epitheca canis06-mai21-mai06-mai
Epitheca spinigeran.d.21-mai14-mai
Epitheca cynosura29-mai31-mai24-mai

D'après mes observations, les quantités relatives de chaque espèce varie considérablement d'une année à l'autre. Par exemple, en 2014 j'ai vu très peu d'épithèques canines alors qu'elles abondent cette année. Mon hypothèse est qu'en 2014, la semaine d'émergence a été perturbée par plusieurs averses violentes et subites. La mortalité a dû être importante cette année-là.

mardi 9 décembre 2014

Poils au menton

Cette semaine, j'ai attaqué mes pots d'exuvies identifiés comme "Epitheca sp."

Nous avons dans notre région 2 espèces d'épithèques dont les stades larvaires se ressemblent beaucoup: l'Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura) et l'Épithèque épineuse (Epitheca spinigera). Pour les différencier, on doit compter les soies à l'intérieur du labium. C'est assez fastidieux merci.

La tête d'une exuvie d'épitheque princière (Epitheca princeps), vue de profil. lb: labium (dessin C. Piché)

Labium d'une épithèque princière (Epitheca princeps), vue intérieure avec les palpes déployés.
sp: soies des palpes labiaux; spm: soies du prémentum (dessin C. Piché)



Selon les critères de Needham, Westfall et May (2014), cette platée contiendrait:

  • 1 Epitheca spinigera (7 soies par palpe labial, 11-12 soies de chaque côté du prémentum), 
  • 8 Epitheca cynosura (5-6 soies par palpe labial, 8-10 soies de chaque côté du prémentum) et 
  • 4 Epitheca sp. (caractères intermédiaires, donc identification incertaine):


Elles se ressemblent toutes...L'épithèque épineuse (Epitheca spinigera) est la 2ème à partir de la gauche, dans la 2ème rangée.

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À Gatineau-Ottawa, l'épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura) est commune.

L'épithèque épineuse (Epitheca spinigera) est une espèce plus nordique, considérée peu commune ici. Elle semble cependant avoir connu une très bonne année 2014 si j'en crois le nombre d'exuvies et d'adultes que j'ai vus cet été. Le long hiver et le printemps frisquet leur a peut-être été favorable?

dimanche 30 novembre 2014

Knox Landing (suite)

Le 25 septembre dernier, j'ai été à Knox Landing (Bristol Mines, QC) (voir ce billet pour plus de détails).

J'avais ramené un pot d'exuvies provenant de cet étang:



Les exuvies étaient sous une souche, à l'abri des intempéries.



J'étais excitée à l'idée d'avoir ramassé, en quelques minutes, un échantillonnage de tout ce qui avait pu émerger hors de l'étang depuis le printemps.


Je n'avais pas eu le temps sur le coup de faire l'identification; cette semaine j'ai eu le temps:

  1. Anax précoce (Anax junius): 2
  2. Aeschne porte-crosses (Aeshna eremita): 4
  3. Cordulie de Shurtleffer (Cordulia shurtleffii): 7
  4. Cordulie écorcée (Dorocordulia libera): 10
  5. Épithèque épineuse (Epitheca spinigera): 23
  6. Julienne (Ladona julia): 1
  7. Leucorrhine mouchetée (Leucorrhinia intacta): 2
  8. Leucorrhine frigide (Leucorrhinia frigida?): 1
  9. Sympetrum semi-ambré (Sympetrum semicinctum): 1
  10. Sympétrum tardif (Sympetrum vicinum): 4

Ce sont toutes des espèces communes dans notre aire géographique et plausibles pour ce genre de milieu. La géologie (dolomite) et la flore de ce lieu sont uniques et dépaysantes, mais l'odonatofaune me semble "normale".

Les 9-10 espèces ne couvrent sans doute pas tout le spectre des Odonates de cet étang. Il est probable que certaines espèces n'utilisent pas les souches renversées comme support d'émergence. Il est aussi probable que les espèces dont les exuvies sont plus fragiles aient été déplacées ou détruites par les intempéries. Et après tout, cette souche ne couvrait qu'environ 2 m de berge...

C'est tout de même une cueillette rapide qui s'est avérée riche en information. Ma paresse naturelle m'amène à penser: pourquoi ne pas installer quelques supports d'émergence artificiels dans des endroits stratégiques que je sais que je ne pourrai pas visiter régulièrement? Une idée à mûrir pendant l'hiver.



mercredi 4 juin 2014

Lac des Fées

Au lac des Fées, le 1er juin en avant-midi.

Il y avait une émergence massive d'Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura). Je ne les avais pas remarqués de prime abord parce qu'ils émergeaient secrètement au creux des touffes d'herbe. C'est l'excitation des quiscales qui m'a mis la puce à l'oreille. Ils fouillaient dans les herbes et en ressortaient à tous coups avec une libellule au bec.


Épithèque à queue de beagle (Epitheca cynosura) en émergence


Également en émergence, une étrange demoiselle:


C'est le Caloptéryx bistré (Calopteryx maculata), presque méconnaissable sans ses couleurs (corps vert métallique, ailes noire).

Très peu de libellules en vol ce matin.

vendredi 30 mai 2014

Cordulidés

Malgré les bourrasques de vents, quelques "trucs" patrouillaient activement les berges du marais Lamoureux aujourd'hui.

Parmi ces trucs, beaucoup de leucorrhines mouchetées-c'est fou ce qu'on devient vite blasé!- et au moins 3 nouveautés pour moi cette année:

Cordulie de Shurtleffer (Cordulia shurtleffii)

Cordulie écorcée (Dorocordulia libera)

Épithèque canine (Epitheca canis)


Ces 3 espèces de la famille des Cordulidés sont ensemble au marais et se poursuivent les unes les autres. Elles sont toujours en mouvement. Peut-être est-ce pour cette raison que je ne les avais pas distinguées auparavant? Peut-être y a-t-il d'autres espèces parmi ces "trucs"?



mercredi 28 mai 2014

Forêt Boucher

Hier, dans les sentiers de la forêt Boucher, il y avait de nombreuses libellules en chasse. Juste un peu trop hautes pour mon filet.

  • Plusieurs épithèques. Les 2 que j'ai pu capturer étaient des épithèques épineuses (Epitheca spinigera)
  • 1 Épithèque d'Uhler (Helocordulia uhleri)
  • Plusieurs Quadrimaculées (Libellula quadrimaculata)
  • 2-3 Leucorrhines mouchetées (Leucorrhinnia intacta) immatures
  • 1 Lydienne (Plathemis lydia) immature
  • 1 Anax (Anax junius) mature
  • 1 Aeshne printanière (Basiaeshna janata)
Aeshne printanière (Basiaeshna janata), sur mon genou

Épithèque épineuse (Epitheca spinigera)

Épithèque d'Uhler (Helocordulia uhleri). Pas la photo du siècle, mais la seule que j'ai. Il frissonnait, probablement pour accumuler un peu de chaleur et lui permettre de s'envoler (c'est pas chaud aujourd'hui).

Tiens, une rainette crucifère. Avant je n'en voyais jamais. Cette année, quelques unes. Un bon printemps à rainette? ou mon sens de l'observation qui s'aiguise?


jeudi 22 mai 2014

Épithèques et leucorrhines

Le 21 mai à 11h, Nathalie Bussières et moi étions au marais Lamoureux avec nos bottes-pantalons.

Il y avait beaucoup d'action. 3 espèces émergeaient en masse:

1) L'Épithèque épineuse (Spiny Baskettail, Epitheca spinigera)- 29 exuvies ramassées, plusieurs émergences et individus ténéraux observés:

La technique "tête vers le bas".
Une femelle en train de gonfler.


Une femelle.

Une autre femelle


Tiens, un mâle. Il n'y en avait pas beaucoup aujourd'hui: 1 mâle pour 2,6 femelles d'après les exuvies trouvées (n=29).


Une femelle qui vient de déployer ses ailes

Une femelle qui se fait sécher dans un arbuste non loin de la berge.

Détail (genitalia femelle)

2) La Leucorrhine mouchetée (Dot-tailed Whitefaced, Leucorrhinia intacta)- 39 exuvies ramassées, plusieurs émergences et individus ténéraux observés:


Elle aussi utilise la technique "tête vers le bas"




3) L'Agrion vertical (Eastern Forktail, Ischnura verticalis)- plusieurs individus ténéraux observés alors qu'ils émergeait de la végétation. J'ai pas de photo, c'est trop petit!

Les 2 autres espèces observées ce jour là étaient l'Épithèque canine (Beaverpond Baskettail, Epitheca canis), pour laquelle nous avons trouvé 3 exuvies et possiblement 1 individu mature en patrouille (pas capturé) et l'Anax précoce (Common Green Darner, Anax junius), dont environ 5-10 individus matures arpentaient les berges. 

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Les libellules en émergences sont très vulnérables. Les carouges à épaulettes le savent, ou encore ils l'apprennent vite. Celle-ci cherchait les libellules dans le bas des quenouilles et les gobaient l'une après l'autre. On la trouvait bien vilaine, jusqu'à ce qu'on réalise que son nid était tout à côté…


Carouge à épaulettes femelle. Je vois une libellule qui sèche sur une quenouille en arrière-plan.


Pour boucler la boucle, on a remarqué que c'est cette semaine que les maringouins sont sortis, et on a vu des libellules en manger. Le monde est bien fait après tout.



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Je suis retournée au marais aujourd'hui en fin de journée, juste un petit tour vite fait. Ça m'a semblé bien tranquille.

Où sont passées les libellules?

Et bien il y en a au moins quelques dizaines dans le jardin de mon amie Josée, à plus d'un km de là. Toutes de jeunes épithèques au vol incertain. Sur le bout d'une branche de lilas, nous en avons compté 5! Je gagerais que c'étaient les Épithèques épineuses que nous avons vues émerger hier…